Malgré l’optimisme entourant les élections, les processus démocratiques échouent largement à tenir les politiciens corrompus responsables de leurs actes. Si le manque d’information est souvent évoqué, de nombreuses études montrent que les électeurs soutiennent en toute connaissance de cause des candidats corrompus, souvent en raison de leur vulnérabilité économique. En Afrique subsaharienne, où une large majorité de jeunes sont sans emploi ou occupent des emplois précaires, les politiciens exploitent cette insécurité à travers des échanges clientélistes. Des recherches menées en Inde et en Afrique de l’Ouest montrent que les citoyens peuvent soutenir la corruption non par ignorance, mais en raison des avantages matériels immédiats qu’ils en retirent.
Pour explorer ces dynamiques et concevoir une solution, nous avons mené des recherches préliminaires ayant permis de développer une proposition soumise au Fonds d’Innovation pour le Développement (FID) le 3 juillet 2025. Ces activités préparatoires ont inclus des entretiens avec des ONG et organisations de la société civile engagées dans la lutte contre la corruption, ainsi qu’avec des politiciens et citoyens au Bénin et au Ghana. Nous avons également échangé avec des think tanks et agences gouvernementales afin de mieux comprendre les contraintes institutionnelles et les opportunités. Ces consultations ont nourri la conception de notre intervention, qui vise à réduire la vulnérabilité économique des électeurs — par le biais de la formation professionnelle et du soutien à la création d’entreprises — comme levier pour affaiblir le clientélisme et renforcer la responsabilité politique.
Nous avons établi avec Ghana Center for Democratic Développement (CDD-Ghana) pour collaborer sur ce projet. Ensemble, nous visons à produire des preuves expérimentales sur la manière dont une plus grande autonomie économique peut accroître le soutien aux réformes anti-corruption et réduire la corruption.
